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Livre "Coacher les émotions" Daniel CHERNET Ed. Eyrolles

  • Les émotions dans le travail et le coaching 
  • Accompagnement des émotions et sentiments principaux 
  • Emotions complexes, sentiments et relations complexes aux émotions 
  • Contribuer au développement de la joie, du désir, de l'espoir

Colère, peur, tristesse, joie, honte... bien souvent les émotions sont refoulées ou difficiles à exprimer au travail, pour des raisons personnelles ou de culture des organisations.

De manière très pratique, cet ouvrage donne au coach, et à tout accompagnant (manager, éducateur, soignant...), les outils pour aider son client (ou collaborateur) à prendre en compte son émotion, l'identifier, la nommer, l'accepter et agir avec elle.

A l'aide d'éléments théoriques utiles pour la réflexion et l'apprentissage, de propositions d'action et d'exercices spécifiques, vous pourrez :

  • accompagner et aider à identifier les besoins que révèlent les émotions et les sentiments ;
  • faire le point sur vos propres émotions et sur votre pratique ;
  • contribuer à développer la joie et les émotions positives dans le cadre professionnel et les équipes.

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La joie, un moteur pour changer les modes d’organisation du travail ?

La joie, un moteur pour changer les modes d’organisation du travail ?

 

Selon nombre d’études, 60 à 80% des employés se sentent « désengagés ». C’est le triste constat que dressait par exemple le spécialiste en management Isaac Getz à USI, il y a 2 ans (vidéo) ou Henry Stewart sur la scène de Lift France en 2014. C’est le même que pointe le développeur Richard Sheridan à son tour sur la scène de la dernière édition de la conférence USI

Richard Sheridan (@menloprez) est le PDG d’une petite société informatique, Menlo Innovations, à Ann Arbor, Michigan. Comment peut-on se satisfaire d’organisations où les gens qui en font partie sont juste là pour être là ? Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Comment déverrouiller cette situation ?, interroge Sheridan en ouverture de sa présentation (disponible ici). 

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Image : Richard Sheridan sur la scène d’USI, via USI.

joyincRichard est tombé dans l’informatique dans sa prime adolescence. Mais si vous voulez comprendre pourquoi Richard s’intéresse au sujet du bonheur au travail, il faut revenir à ses 10 ans, quand ses parents ont acheté un meuble à monter et qu’il l’a fait tout seul, en leur absence, pour leur faire la surprise. Sa mère en a été si surprise et ravie, qu’elle en a pleuré de joie. Pour Richard Sheridan, cette leçon a été primordiale. Quand on travaille dur, on peut enchanter le monde et procurer de la joie. C’est là que remonte sa quête de la joie au travail qui a donné son titre au livre qu’il a publié, Joy.inc.

En véritable storyteller (d’ailleurs, c’est son titre dans son entreprise, il est celui qui en raconte et en transmet le sens, celui qui promeut la culture de l’entreprise, en rappelle les valeurs et l’identité et la raconte pour la renforcer), Sheridan nous explique que la suite s’est beaucoup moins bien passée. Dans les entreprises de développement logiciel où il a travaillé après ses études, tout est devenu beaucoup moins joyeux et bien moins épanouissant. La programmation est un monde de l’urgence, du chaos et de la bureaucratie. La désorganisation déclenche des accidents et du chaos. On tente d’y remédier par de la bureaucratie. Le résultat est encore pire. Et au final, chacun s’isole dans la plus totale désillusion. Le projet sur lequel vous travaillez depuis des années se termine brutalement, enterré, comme ça a été le cas des 10 000 personnes qui ont travaillé sur Windows Vista pendant 5 ans ! 

En quelques années, le passionné d’informatique a déchanté, jusqu’à imaginer quitter complètement ce secteur qui l’avait tant fait rêver. Et puis il s’est posé la question de savoir de quoi sa désillusion était le symptôme. Cette introspection l’a conduit à lire de nombreux livres lui montrant qu’il existait d’autres façons de gérer une entreprise. Comme il le confiait à FrenchWeb : « ils ne m’indiquaient pas forcément comment changer de travail. Mais ils me disaient au moins que mon rêve était accessible, réalisable. Ça m’a donné de l’espoir pour l’avenir. Et c’est ce dont j’avais besoin par-dessus tout ! » Sheridan a connu une épiphanie, un déclic, comme le décrit The Click Moment, le bestseller de Frans Johansson qui l’a amené à créer en 2001 Menlo Innovations. Cette introspection l’a conduit à tout changer, à tout interroger, pas seulement la façon de gérer une entreprise, mais également la façon même de construire des logiciels. Jusqu’à comprendre, bien plus tard, comme il l’explique encore à FrenchWeb, inspiré par la conférence et le livre de Simon SinekCommencer par pourquoi, ce qui motivait cette quête de sens. Pour Sheridan, « les gens n’achètent pas ce que vous faites, ils achètent pourquoi vous le faites ». Et pour lui, tout l’enjeu de l’aventure managériale qu’il avait initié était de retrouver du plaisir, de la joie à travailler. 

Chez Menlo, les développeurs partagent un ordinateur pour deux

« La joie peut-elle vraiment créer de la valeur ? », interroge « l’entrepreneur libéré ». Pour lui, la réponse semble ne faire aucun doute. Pourtant ce n’est pas avec les résultats financiers que Richard Sheridan poursuit sa démonstration, mais avec des images de son entreprise. Celle d’un vaste open space, d’un environnement ouvert. « On n’a pas cherché à construire un bureau ouvert, mais une culture ouverte et notre espace de travail n’en est que le reflet ». Pour changer les comportements humains, il faut changer l’espace physique. Dans cet environnement sans hiérarchie, bruyant, modulable, flexible, l’important est que les gens travaillent ensemble. Pour travailler, l’équipe a besoin d’être proche les uns des autres. Sheridan confie d’ailleurs qu’il n’a pas de bureau vraiment attitré, qu’il est parmi les autres, enfin, de moins en moins : son équipe l’a déplacé vers la porte de l’entrée. « Bientôt, je serais dehors », s’amuse-t-il. 

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Dans le travail, les gens préfèrent des relations profondes. Pour cela, Menlo a créé une organisation radicalement différente. Les développeurs travaillent tous en binôme. Chaque semaine, les binômes changent. Et toute la semaine, les développeurs partagent un ordinateur pour deux. « Deux esprits. Quatre mains. Un ordinateur. C’est comme cela qu’on partage de la connaissance, qu’on favorise la créativité. » Pour Sheridan, la technologie nous sépare plus qu’elle nous rapproche. Comme le dit le futurologue John Naisbitt : « la plus intéressante percée du XXIe siècle n’arrivera pas par la technologie, mais en étendant le concept de ce que signifie être humain ». Avec la technologie, il est plus difficile d’être proche des gens, d’où le besoin d’avoir recours à d’autres types d’outils. 

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Chez Menlo, on crée des réunions immédiates. N’importe qui dans l’open space peut interrompre tout le monde d’un « Hey Menlo » pour obtenir une réunion immédiate. Reste que chez Menlo, on déteste les réunions. On en fait le moins possible et on fait de manière à ce qu’elles soient les plus courtes possibles. Chaque jour néanmoins vers 10h, tout le monde se met debout en cercle et chaque binôme fait son reporting très rapidement en disant ce sur quoi il travaille et en demandant de l’aide si besoin. Tout le monde a la parole, et ça prend une dizaine de minutes pour que les 60 employés échangent entre eux. 

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Mais il n’y a pas que la communication interne qu’il faut transformer pour se libérer des pesanteurs organisationnelles. Il faut aussi transformer la communication avec les clients. Comme s’il était essentiel de leur faire vivre à eux aussi l’expérience transformative… Le développement logiciel est une activité très théorique. On peut très vite mal comprendre les besoins des clients. Chaque semaine on organise une mini réunion avec eux. Une réunion « show & tell » (montrer et raconter) qui consiste à mettre le client au travail. C’est lui qui est invité à manipuler le logiciel. C’est lui qui montre aux équipes le travail qu’elles ont réalisé pendant la semaine. L’enjeu de la réunion est multiple. Elle permet d’avoir un retour direct du client, de ne pas laisser le développement s’enfermer dans des erreurs qui peuvent prendre de l’ampleur, de mieux sentir ce que pense le client et de diminuer les échanges par e-mails. 

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Autre exemple. Chez Menlo Innovations, le planning de développement se fait avec le client via un jeu de cartes en papier. Des cartons de papier de différentes tailles montrent la durée des développements à réaliser selon leur complexité (4, 8 ou 16h). Les clients ont des fiches où déposer ces cartons selon leur budget, et ça leur permet de voir ce qui rentre ou pas dans leur budget. C’est un exercice physique, tactile, visuel, qui consiste à ajouter ou supprimer des fonctions. C’est aussi un exercice collaboratif que nous faisons avec lui, pour l’aider à prendre conscience de ce qu’il peut faire dans son budget imparti. A la fin de la réunion, nous avons tous la même compréhension du sujet, de ce qui est attendu comme de ce que nous devons faire. Le système n’est pas ambigu. Tout le monde voit ce qu’on a décidé de faire et ce qu’on a décidé de ne pas faire. Chaque chose que l’on va faire est écrite à la main sur les cartons. Cognitivement en fait, c’est très important. Quand on s’échange des pièces jointes avec le cahier des charges, chacun fait des copiés-collés, sans toujours relire précisément ce qui a été enlevé ou ajouté d’une version l’autre. Quand vous écrivez ce que vous voulez, quand vous le placez sur un planning ou que vous l’enlevez, vous le voyez, vous l’avez lu et compris. Ecrire permet aussi de formuler exactement ce qu’on attend de manière brève, précise et concise. Il y a aussi des plannings hebdomadaires affichés dans le bureau avec ce que chacun doit faire, permettant à tout le monde de voir ce que font les autres, avec à nouveau ces cartes augmentées de stickers de couleurs pour dire si on y travaille, si on a terminé et si ça a été vérifié… 

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L’enthousiasme de Richard Sheridan à décrire ces méthodes à la fois simples et transformatrices est palpable. Dans un monde du travail si balisé, entendre et voir les autres faire autrement semble déjà un moyen de reprendre une bouffée d’oxygène.

Menlo utilise également des cartographies d’utilisateurs. Dans le développement logiciel, trop souvent, on considère les utilisateurs comme des idiots. « Mais c’est nous développeurs qui avons inventé le fait qu’il fallait cliquer sur « allumer » pour éteindre un ordinateur. » Et au final, ce sont les utilisateurs qui sont torturés chaque jour par la technologie… Menlo a recours à des anthropologues qui observent les gens dans leur environnement naturel. « On veut apprendre des gens qui, inconsciemment, sont compétents dans ce qu’ils font tous les jours. On veut comprendre leurs compétences, leurs objectifs. On veut être en empathie avec eux. » Pour chaque projet, Menlo choisi avec ses clients des cartes de personnages avec des profils d’utilisateurs cibles, qui sont placés au centre du projet. « On ne parle plus de ce à quoi le logiciel devrait ressembler, mais on parle de Gary, et on se demande si cette fonction va marcher pour lui. C’est un moyen de régir notre prise de décision. »

La joie peut-elle créer de la valeur ?

« Il faut arrêter d’être démotivés. Et pour cela, il faut changer nos modes d’organisation. Mais voilà, vous avez pris deux jours pour venir écouter des idées à cette conférence… Et puis après-demain vous allez retourner au bureau. Vous serez à nouveau très occupés. Au mieux, vous ferez un e-mail pour faire un compte rendu de ma conférence, mais cet e-mail sera noyé parmi des dizaines d’autres. Au mieux, vous aurez une réponse laconique de collègues disant que ça avait l’air bien, mais que ça ne marchera jamais chez nous. »

Pour Richard Sheridan, c’est là le moment clef. C’est le moment où il ne faut pas être défaitiste. C’est le moment où il faut tenter quand même l’expérience. Essayer. Dire oui plutôt que non. 

Et le voilà reparti dans une autre histoire. Il y a 9 ans, une de ses employées, Tracy, a eu une petite fille, Maggy. Tracy était en congé maternité, voulait revenir, mais n’arrivait pas à trouver de solution de garde. Elle a demandé si elle pouvait revenir avec son bébé. Richard reconnaît avoir hésité. Il dit oui. Tracy a résisté… Que se passera-t-il si Maggy pleure ou crie ? « Je te fais confiance. Tu feras ce qu’il faut. On fera en sorte, tous ensemble, que ça fonctionne. Tentons l’expérience ! » Menlo Innovations a accueilli plus de 13 bébés depuis cette première expérience. « Lorsqu’on tente des expériences, il y a des choses qui se passent auxquelles on ne s’attendait pas. » On a constaté par exemple que les clients se comportaient d’une manière bien plus respectueuse en présence des bébés… 

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Oui, tout cela demande beaucoup d’énergie humaine, concède Richard Sheridan. Cela ne se substitue pas à la discipline et à la rigueur. Au contraire, ça les renforce. Comme le dit le spécialiste du management Peter Senge dans La 5e discipline« à long terme, la seule source durable de potentiel concurrentiel, c’est la capacité de votre organisation à apprendre plus vite que la concurrence ». Et c’est justement cela que capitalise le plaisir à travailler. 

Assurément un discours et des exemples qui donnent envie de tout changer, là, tout de suite. 

Reste que construire une culture, se défaire d’une autre tout en assurant le travail quotidien n’est pas si simple. Certains de ceux qui promeuvent l’entreprise libérée assurent qu’il suffit de commencer par une chose, mais expérimenter ne signifie pas pour autant transformer les rapports de force qui sont bien souvent le noeud du problème. D’autres racontent plutôt des parcours avec des ruptures plus radicales. Tous disent que c’est compliqué et que ça prend du temps et que l’important est plus le chemin que la destination. Et en même temps, nombreux sont ceux qui voudraient se téléporter dans des organisations qui aient du sens. Alors souvenez-vous d’une chose. On n’a pas le choix. La téléportation n’existe pas. 

Hubert Guillaud 

Le bonheur au travail

Le 24 février à 20h45 sur Arte, le 15 février sur arte.com

Compte Professionnel Formation CPF

Le compte personnel de formation au sein de la formation professionnelle

La formation professionnelle est le processus d'apprentissage qui permet à une personne d'acquérir le savoir et les savoir-faire (compétences et expérience) nécessaires à l'exercice d'un métier ou d'une activité professionnelle.

Différents dispositifs permettent le développement des compétences des personnes engagées dans la vie active :

  • les stages de formation financés par les conseils régionaux pour les personnes en recherche d’emploi
  • des périodes de formation en alternance dans le cadre de contrats de travail comme le contrat d’apprentissage ou le contrat de professionnalisation
  • le plan de formation de l’entreprise qui permet à l’employeur de remplir son obligation de formation à l’égard de ses salariés
  • des congés pour formation à l’initiative des personnes salariées ou des agents publics qui permettent de s’absenter de son poste de travail pour suivre une formation,
  • mettre en œuvre une validation des acquis de l’expérience ou effectuer un bilan de compétences.

Le compte personnel de formation complète et s’articule avec les autres dispositifs de la formation professionnelle.

Il remplacera le droit individuel à la formation (DIF) à compter du 1er janvier 2015 et sera attaché à la personne et ouvert dès l’entrée dans la vie professionnelle

(16 ans, voire 15 ans dans le cadre d’un contrat d’apprentissage) jusqu’au départ en retraite.


Les heures du compte personnel de formation vont permettre de financer tout ou partie de la formation choisie.

Si les heures disponibles sur le compte sont suffisantes pour financer la formation souhaitée,

l’utilisation du seul compte personnel permettra d'engager la formation. En cas contraire, d’autres dispositifs peuvent s’articuler avec le compte personnel de formation :

  • pour les salariés : plan de formation de l’entreprise, période de professionnalisation, congé individuel de formation, congé validation des acquis de l’expérience
  • pour les jeunes âgés de 16 à 25 ans : formations financées par la Région ou Pôle emploi
  • pour les demandeurs d’emploi : formations financées par la Région ou Pôle emploi, notamment.

Le compte personnel de formation permet d’acquérir des compétences reconnues (qualification, certification, diplôme) en lien avec les besoins de l’économie,

prévisibles à court ou moyen terme.

Les formations éligibles au compte personnel de formation sont précisées dans des listes élaborées par les partenaires sociaux au niveau national et régional.

Source et infos complémentaires : moncompteformation.gouv.fr

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Ennéagramme et Coaching

Résumé

L'ennéagramme est un outil permettant d'améliorer la connaissance de soi. L'auteure montre l'intérêt de cette méthode appliquée avec celle de la démarche d'accompagnement que constitue le coaching. Des exemples illustrent la complémentarité entre ces deux techniques.

Quatrième de couverture

Des passerelles évidentes existent entre l'outil de connaissance de soi et de développement personnel qu'est l'ennéagramme et la démarche d'accompagnement que constitue le coaching.

Ces deux approches sont présentées de façon précise et structurée dans cet ouvrage qui analyse:

 - La complémentarité de l'ennéagramme et du coaching; 

- Comment mettre en oeuvre une démarche de coaching s'appuyant sur l'ennéagramme; 

- Comment tenir compte de son profil en tant que coach;

- Comment coacher les neuf types de l'ennéagramme.

L'expérience de l'auteur et les nombreux cas d'illustration font de ce guide pratique, enrichi d'exercices et d'un glossaire, un livre vivant et concret.

Ennéagramme & essence

ENNÉAGRAMME & ESSENCE

 

 

L’Ennéagramme est un très ancien outil de connaissance de soi qui sur la base de neuf types de personnalités permet d’identifier le moteur central de notre  fonctionnement.

Puissant et efficace, cet outil est essentiellement utilisé pour mieux se connaître et améliorer notre personnalité, nos fonctionnements personnels et professionnels.

 

Pourtant, si nous reprenons l’origine de l’ennéagramme, son utilisation avait comme objectif non pas d’améliorer la personnalité mais de se libérer de la personnalité, c’est-à-dire la remettre à sa place : à la périphérie de ce que nous sommes pour revenir au centre - l’Être - 

 

La personnalité n’étant que la coloration, le moyen d’expression de ce que nous sommes vraiment. Avec le temps s’est opéré un glissement du centre à la périphérie avec identification à la forme en perdant le contact avec le fond c’est-à-dire l’Être.

Il s’agit de voir le « masque » et non pas seulement améliorer le masque (personnalité étymologie : masque, jouer un rôle)

Avec le temps, l’enseignement s’est déplacé sur l’amélioration de nos fonctionnements. Aujourd’hui l’utilisation de l’ennéagramme s’adapte à de multiples approches  et à différents niveaux de compréhension.

Comme le précise Sandra Maïtri dans son excellent livre «  les 9 visages de l’âme » aux éditions Payot, il est certain que le travail psychologique est inséparable du développement spirituel qui transforme en profondeur. Un travail spirituel qui ne s’accompagne pas d’un travail sur la personnalité échoue le plus souvent à résoudre les questions profondes et à intégrer réellement notre spiritualité. Ignorer ce point a limité l’enseignement de bien des traditions spirituelles. À l’inverse, le travail psychologique s’appuie trop souvent sur la croyance que le domaine de la personnalité est la réalité ultime.

La confusion qui s’installe suite à notre perte de contact de notre état originel indifférencié instaure  une dualité qui, s’ajoutant à notre identification au corps, induit la croyance en notre séparation intrinsèque. Telle est la genèse de l’illusion de la dualité, la question spirituelle par excellence.

Voir comment nous avons « oublié » le contact avec notre vraie nature devient la prochaine étape. Le travail avec l’ennéagramme sur le plan spirituel va nous permettre de constater comment nous l’avons perdu et comment nous pouvons la retrouver.

Cette perte de contact avec nos profondeurs est appelée la Chute dans certaines traditions.

Nous voyons  également comment une recherche spirituelle peut-être dévoyée quand elle se fait à partir et uniquement au sein de notre personnalité. Pour chaque typologie, nous pouvons constater comment le mécanisme récupère la recherche intérieure à son profit et comment par un geste intérieur reprendre contact avec notre profondeur :

* Pour chaque typologie, il existe ce que l’on nomme une « Idée Sacrée » c’est-à-dire une perception directe de la réalité perçue sans le filtre de la personnalité. Plus qu’une idée,   il s’agit plutôt de vision de la réalité libérée des préjugés de la personnalité.

Type 1: Une personne de typologie 1 - tendance perfectionniste - Croit que c’est à travers  la recherche de perfection qu’elle se réalisera (perfection de la posture, de la méditation, des horaires du rituel) ou tout autre croyance sur l’idée de la réalisation.

Le changement, un saut quantique, dans la vision du 1 permettra de voir que tout est parfait tel que c’est. C’est-à-dire que tout concourt et participe de la Vie et en est donc inséparable. Il ne s’agit pas de résignation, je peux essayer d’intervenir sur la situation mais sans la nier ou la juger anormale, injuste ;  mais ce qui est, est. C’est simplement voir les choses telles quelles sont y compris les émotions et les réactions qui me traversent…

Autrement dit pour le 1 la perfection intègrera l’imperfection. L’acceptation des choses sera simplement  la reconnaissance que cela est. La vision première dualiste (bien / mal – vrai / faux) laissera place à la Perfection Sacrée*

 

Type 2 : Une personne de type 2 – Tendance flatterie aide – recherchera la reconnexion au flux de l’univers à travers la fusion avec un autre. Les deux cherche à se réveiller du sommeil de l’égo à travers  l’amour romantique transcendant. Les deux intégrant l’Idée Sacrée qui est pour eux la Volonté Sacrée et la Liberté Sacrée réaliseront que tout ce qui arrive est une expression de la Volonté Sacrée. En termes Théistes, tout ce qui arrive  est la volonté de Dieu. La volonté de Dieu n’est pas quelque chose de mystérieux qui nous serait caché : elle s’exprime dans ce qui arrive ici et maintenant et qui va arriver l’instant suivant dans chaque recoin de l’univers. La liberté Sacrée est donc la Volonté Sacrée perçue de notre expérience humaine. La liberté Sacrée signifie percevoir  que notre volonté personnelle  et celle de l’univers sont inséparables. Au lieu de devoir affirmer ce que vous voulez ou de manipuler la réalité pour vous conformer à votre idée de ce qu’elle devrait être – ce qui est la volonté de la personnalité et une caractéristique centrale de l’ennéatype deux – vous comprenez en regardant à travers les lentilles de la Liberté Sacrée  que la liberté réelle consiste à savoir se laisser aller au flux de ce qui arrive. En fin de compte, plus vous percevez la réalité objectivement, plus il vous paraît clair que même la notion la notion d’une volonté personnelle est une illusion de la personnalité.

 

Type 3 :   Une personne de typologie 3 – Tendance réussite image – agira comme s’il était le principe générateur, il brillera en racontant ses expériences, ses rencontres, sa réussite et son avancement sur l’échelle spirituelle… En intégrant l’Idée Sacrée qui pour lui correspond à la Loi Sacrée. La Loi Sacrée est la compréhension que l’univers en tant que tout et qu’entité unifiée se trouve en état de changement constant. La perception que toute manifestation est une unité et que nous sommes tous des cellules différentes du corps unique de l’univers est le cœur des Idées Sacrées. Rien ni personne n’affecte ou ne fait advenir quoi que ce soit séparément. La personne de type 3 dans sa spiritualité vivante, réalisera que tout ce qui arrive est partie intégrante de l’étoffe de l’univers en déploiement, de sorte que rien n’advient isolément de la totalité de cette étoffe, nul n’initie d’action de son propre chef, pas plus que nous ne faisons advenir quoi que ce soit indépendamment de l’élan de ce tout.

 

Type 4 :  Une personne de typologie 4 – Tendance abandon mélancolie envie -  agira avec ce sentiment d’abandon et d’envie à vivre des expériences intenses type extatiques, fusions avec le Divin pour ensuite retomber dans la banalité du quotidien et vivre l’envie de l’expérience passée. Intégrant l’Idée Sacrée du 4, l’Origine Sacrée, à ce niveau de compréhension de l’Origine Sacrée, nous voyons que l’Être est la source  d’où est issue chaque âme individuelle. Ainsi, bien que chacun de nous soit une âme unique, notre terreau fondamental est le royaume de la vraie Nature. Dès lors, l’Être ou la vraie Nature est perçu non seulement comme la source de l’âme humaine, mais comme la source de toute manifestation. Par-delà cette compréhension de l’Origine Sacrée, nous ne nous percevons pas comme enracinés dans l’Être et issus de lui, mais plutôt  comme l’Être lui-même. Ici, nous ne sommes pas connectés à l’Être : nous sommes l’Être. Nous sommes l’Origine.

 

Type 5 : Pour une personne de type 5 – Tendance rétention avarice – agira dans une recherche d’accumulation de savoir et de connaissance sur la spiritualité, également recherche en solitaire, l’hermite de l’ennéagramme.

En intégrant l’Idée Sacrée du 5 – l’Omniscience Sacrée et la Transparence Sacrée – le 5 avec la Transparence Sacrée constatera que l’expérience humaine est une part individuelle  de la totalité de la réalité. L’une des croyances de la personnalité est la séparation fondamentale de chaque autre personne. Nos corps sont certes physiquement séparés, mais cette séparation n’est pas fondamentale à notre nature. Nous sommes comme les différentes cellules du corps, dotées  chacune d’un caractère et d’une fonction particulière, et pourtant indiscutablement interconnectées les unes aux autres et faisant partie du même organisme. L’Omniscience sacrée est la perspective de l’âme humaine éclairée : elle se connaît pleinement elle-même et, à travers cette connaissance, connaît pleinement  le Tout dont elle est la partie et la totalité.

 

Type 6 :  Pour une personne de type 6 – Tendance crainte, peur de ce qui peut mal se passer –  le piège de la recherche spirituelle se caractérisera dans la recherche d’une autorité ( église, maître, dogme, philosophie, croyances…)

Qui lui permettront de la rassurer. Pour le contre-phobique la démarche peut être inverse rejeter toutes formes d’autorité se faisant croire au dessus de sa peur.

Il s’agira pour le 6 d’opérer un retournement complet dans sa façon de voir et d’Être : reprendre contact avec l’Essence et ainsi avec la – Force Sacrée – la perception que notre nature est l’Essence . Elle nous fait reconnaître que la personne que nous sommes n’est pas notre corps, nos pensées, nos émotions, mais plutôt une présence dotée de nombreuses qualités . Cette Présence, l’Être, est considérée ici comme le fondement de l’âme. Ce qui lui donne sa force et est sa force. Sans la reconnaissance de l’Essence,  nous nous percevons dépourvus de fondement, et donc fondamentalement faibles et impuissants. En (re) contactant l’Essence, il constatera qui ne peut la perdre puisqu’il l’est avant même l’idée qu’il s’en fait.

 

Type 7: Pour une personne de typologie 7 – Tendance planification, gloutonnerie, rationalisation -  Sa tendance à idéaliser le futur jouera également dans sa recherche spirituelle. Il pourra imaginer facilement un programme de renouveau, type réincarnation pour se donner de nouvelles options futures et bien sûr agréables… Éternel idéaliste, il reste centré sur le positif qui semble l’attendre plus tard.

La transformation radicale pour le sept, issue de l’idée Sacrée est le Plan Sacré*. C’est à dire qu’il percevra plus qu’il ne comprendra que le déploiement de la réalité suit un plan non pas tel qu’il l’entend avec la rationalisation mais plutôt une intelligence fondamentale (ex : notre code génétique est contenue dans notre ADN de sorte que lorsque un embryon se développe, un enfant apparaît et non pas une araignée ou un arbre) La deuxième perception fondamentale est la (re) connaissance que la réalité se déploie de façon à soutenir notre présence et notre développement. Pour cela le 7 devra traverser sa peur du vide et de la stérilité et être prêt à voir et expérimenter la réalité telle qu ‘elle est et non telle qu’il voudrait qu’elle soit.

 

Type 8 : Pour une personne de type 8 – Tendance vengeance, pouvoir et contrôle –

Sa démarche issue de sa typologie essaiera de dominer les éléments, d’en contrôler la direction et ainsi garder une forme de pouvoir. La recherche déjouant les pièges de l’égo fera resurgir l’Essence et par là même l’Idée Sacrée qui est pour le 8 la Vérité Sacrée*. La Vérité Sacrée désigne directement l’existence de l’Être et sa co-émergence avec toute la réalité. Cette réalité est une unicité, une unité indivisible dont toutes les dimensions constituent une totalité insécable. En prenant l’analogie avec l’océan, dans cette perspective non dualiste ou co)émergente nous pouvons nous concentrer sur l’océan ou sur les vagues, ils restent fondamentalement inséparables. De même que nous expérimentons l’oc »an en voyant ses vagues, la matière est une façon d’expérimenter l’Esprit. La matière est donc comme les vagues, formant la surface de l’océan qui est tout. Quand le 8 expérimentera cela plus qu’il ne le comprendra, il n’essaiera plus d’être la vague la plus forte ou la plus grosse…

 

Type 9 : Pour une personne de typologie 9 – Tendance laisser-aller et anesthésie de ses besoins – pour éviter d’être désapprouvé -  ses croyances le conduiront à croire que les choses se feront seulement si : Dieu, la Vie (ou tout autre appellation) le décide…. En oubliant qu’il fait partie du processus, avec la capacité d’agir, de préférer et choisir telle ou telle direction.  Le retournement pour le 9 permettra de sentir l’Amour Sacré*.  Quoi qu’il fasse et quelle que soit la situation extérieure il se sentira « aimable » non pas en fonction d’une situation ou d’un état mais de manière intrinsèque. Comme le souligne Sandra Maïtri : La bonté de la réalité n’est pas localisée quelque part – elle est implicite dans l’étoffe de tout ce qui existe – notre aveuglement est tel que nous percevons la vie qu’à travers le voile de notre personnalité.

 


 

Si nous comprenons que notre sentiment d’incomplétude résulte de la perte de contact avec nos profondeurs, et que ce contact est obscurci par des couches de structures psychologiques, il ne nous reste plus, pour nous re-contacter, qu’à inverser notre flèche d’attention. En reprenant le schéma, nous pouvons dire que nous cherchons le centre sur la périphérie ! (schéma : étape 3 adulte)

À cette étape, c’est un saut quantique qui doit s’opérer, non plus avec la réflexion, la « tête » nous amène à la limite, elle reste dans ses limites situées à la périphérie représentée par le cercle sur le schéma.

 

Lors des stages, il s’agira de voir les différentes étapes par lesquelles nous passons. Nous verrons également la différence entre le développement personnel qui s’attache à l’amélioration de la personnalité et la Connaissance de Soi privilégiant la re-découverte de notre Centre.

 

 

* Pour chaque typologie, il existe ce que l’on nomme une « Idée Sacrée » c’est-à-dire une perception directe de la réalité perçue sans le filtre de la personnalité. Plus qu’une idée,   il s’agit plutôt de vision de la réalité libérée des préjugés de la personnalité.sche-ma-douglas-2.jpg

Cliquer sur le schéma pour le voir en entier


LES QUATRE  ÉTAPES :

ÉTAPE 1 :

Bébé, nous étions uniquement présence à… Sans distinction moi / l’autre

–      Unité totale –

ÉTAPE 2 :

Enfant, la personnalité se construit, étape nécessaire et indispensable, Le moi apparaît permettant échanges et interactions avec le monde. L’identification à ses caractéristiques personnelles se met en place. Néanmoins à certains instants le contact avec son « absence » réapparaît, espace sans limite où le monde apparaît en son sein, il est probable qu’à certains moments vous étiez parfaitement conscient de cet espace.

ÉTAPE 3 :

Adulte, la personnalité est bien en place, l’identification également. Je suis devenu mes caractéristiques, je me situe à ma périphérie (représenté par le cercle) oubliant mon Centre et le cherchant à la périphérie…

ÉTAPE 4 :

Adulte éveillé, selon Douglas Harding, pour accéder à cette quatrième étape, tout ce qu’il y a lieu de faire est d’inverser – même brièvement – la flèche de notre attention…. À condition d’être suffisamment curieux et désireux de connaître sa véritable identité et si nous sommes  prêts à abandonner un instant notre propre opinion de nous-mêmes – basée sur des on-dit, mémoire, imagination, de façon à ne s’appuyer que sur l’évidence de l’instant. ( Renaître à l’évidence Ed. le courrier du livre)

 

LECTURES ASSOCIÉES ….

LES 9 VISAGES DE L’ÂME                  Sandra MAITRΠ                        Ed. Payot

RENAÎTRE À L’ÉVIDENCE                  Douglas HARDING                 Ed. Courrier du livre

AU CŒUR DE L’INSTANT                 Jean BOUCHART D’ORVAL    Ed. Du Roseau

À L’ÉCOUTE DE SOI                            Jean KLEIN                          Ed. Les deux Océans

QUI SUIS-JE ? La quête sacrée      Jean KLEIN                          Ed. Albin Michel

Anthologie de la Non-Dualité           Véronique LOISELEUR       Ed. La Table Ronde

Se libérer du connu                    Krishnamurti                         Ed. Stock

LA PERCÉE DE L’ÊTRE           Karlfried Graf DÜRCKHEIM        Ed. Courrier du livre

LE SENS DES CHOSES                   Francis LUCILLE                        Ed. Accarias l’Originel

 

 

Ouverture du blog de Jean-Marc

Bienvenue

Sur ces pages consacrées à la formation, le coaching, l'Ennéagramme et à la connaissance et l'évolution de soi tant personnelle et professionnelle.

Ce blog a été conçu pour toutes celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur l'Ennéagramme, le coaching, ses objectifs, ses niveaux d'utilisations et les formations proposées. Également toutes les nouvelles informations : conférences, livres, séminaires...

L'Ennéagramme nous permet d'aller au coeur de nos fonctionnements, de les comprendre, de les faire évoluer et ainsi permettre à nos potentialités de se libérer, tant sur le plan personnel, professionnel que spirituel.

J'espère que ces pages vous donneront l'envie d'aller plus loin, d'approfondir ce sujet passionnant qu'est la connaissance de soi.

À bientôt.